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 Memo RP

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Passeport temporel
Date de naissance du personnage: 21/12/1584
Epoques traversées: Renaissance, Temps modernes, Periode actuelle



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MessageSujet: Re: Memo RP   Dim 24 Juin 2012 - 10:28
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Heureusement qu'il est intime, hein? Sinon les admins pourraient venir s'en servir comme salon de Thé x)




- Y parait qu'tu voulais voir mes boys, gamin? On est la, prêts à foutre leur raclée à tes fiotes. Dégaine...Ou dégage.
J'dominais de dix bons centimètres le latino sur tatoué qui m'faisait face, et j'le fixais de mon oeil de verre, ce visage porcin de ce qui semblait être celui d'un chef de gang. La nuit était bien entamée, mes gars n'avaient même pas enfilé d'manteau ou autres. Pourtant y f'sait moche, et l'terrain vague puait la crasse, comme ce pauvre type qui avait entendu parler des virées nocturnes de types comme nous. J'avais pas pris des musclés, que des maigrichons. Mais des vieux maigrichons. Six ou sept siècles au compteur, c'est l'inverse de la bagnole : même pas b'soin d'révision. Couteaux, barres de fers, chaines de vélo, tuyaux en plomb...Ah y z'avaient la totale. Mais c'est quoi un humain avec un balisong contre une vingtaine de vampires russes a mains nues? De la pâtée pré-chiée, à la limite, mais pas plus. Quand leur boss a sifflé l'signal du départ, j'ai gueulé "allez-y mollo". Quand on a eu une quarantaine de macchabées sud-américains sur les bras, j'ai laissé tout l'monde prendre l'apéro, et j'ai décapité l'caid face à moi. On s'est pas mal poilés, y en avait des encore vivant a la dégustation! Bref, règlement de comptes dans le Bronx, on en a un peu rien a foutre quand on est un flic américain, entre les latinos et les blackos qui se tapent dessus, des Russes en plus, ça change rien. Du coup, 'fallait bien que j'me démerde pour aller régler mes affaires. Resultat des courses, on a du se bouger le cul, trouver le gars qui devait me fournir ma marchandise, et attendre dans sa cave le lend'main. et c'est c'qu'on a fait. Kambe, c'est un brave gars. Il avait une de ces pêches plus jeunes! Une vraie teigne! On avait bossé ensemble pendant la seconde guerre mondiale. Un tirailleur sénégalais venu en émissaire chez les Russes, ça tourne vite au tirailleur Russe aux origines sénégalaises. C'est un d'mes rejetons, c'lui la, un pur de dur. Dreadlocks, T-shirt de Bob Marley, lunettes noires, une ateba rouge, jaune et verte, des muscles presque aussi épais que les miens, et trois centimetres de moins que moi. Un jeunot qui avait du potentiel, ce gars là.

- Youri, mon vieux! Ca faisait une paye, man! Et t'amènes de la compagnie en plus! Priviet tovarischu!
- Priviet, Kambe. Les gars, Kambe, c'est un "sang pour sang" moi, le premier qui essaie de faire le con avec lui, il s'frotte a moi, capté? Bref, t'as un colis pour nous, y parait.
- S'tu savais tout c'que j'ai pour toi, mon frère, tu péterais un cable! Viens, descend avec tes poteaux, on va chercher tout ça!

Discuter avec un mec aussi enthousiaste que Kambe, c'est du pur délire. Une claque amicale sur l'épaule, et on rentrait dans sa baraque miteuse. Une fois la trappe ouverte, on changeait complètement de décor. De la tôle dégueulasse et toute rouillée, on arrivait dans une sorte de bunker de béton et d'acier où tronaient des rateliers pleins de pétoires, des mannequins en tenue de combat sur des piedestals-tiroirs, des ordinateurs surperformants, et de la came à gogo. LSD, champis, beuh, shit, héro', cocaïne, et tout c'que tu pouvais trouver de plus nocifs, fallait aller chez Kambe pour les trouver, au milieu de tous les flingues récupérés de toutes les origines possibles. Dans une vitrine, j'reconnais une pétoire à la crosse en bois couvert de coups de couteau. Un trait pour un tué, c'était la coutume. Mon vieux Mosin-Nagant a servi a plus de deux cent tirs au but, avant que je ne le lui offre, alors qu'il manquait de balles et que j'me retrouvais devant trois boches et lui face a un qui essayait de nous chopper à revers. Y z'avaient meme pas eu le temps de bouger qu'on t'leur avait mis une chiée monumentale. Il tirait juste, le black de l'unité, et moi, j'ai pas fait dans le catholique. Quand t'as un bloc de béton sensé bloquer un char, vaut mieux le déblayer. Trois cent quatre vingt kilos de béton armé dans la gueule, les fritz ont pas compris ce qui leur arrivait qu'y z'avaient déja plus d'tête. La tronche de Kambe à c'moment la...J'm'en poile encore, vous pouvez pas savoir comme c'est comique quand il écarquille ses yeux, ce mec!

- Bienv'nue dans mon entrepos les gars! Servez-vous, mais laissez moi un peu de came, c'est mon fond de commerce et ma conso qui sont la!
- Tu t'sers encore du MN?
- C'est plus d'actualité comme truc, ton engin. J'ai deux flingues automatiques qui font bien mieux le travail. Merci d'me l'avoir confié, vieux, t'peux l'reprendre si ça t'fait plaiz', on r'fuse rien à un pote comme toi!
- Merci, ma poule!

D'un signe de main, il m'a répondu. Ca faisait du bien de retrouver ce truc là. Une vraie merveille, meme si j'devais bien l'admettre, c'était un poil désuet. Mais bon, ça restait quand même une relique pour tout sniper qui se respecte! j'l'avais laissé a un autre pote fut un temps. Simo Häyä. Il avait fait un sacré carnage avec, lui aussi. Et pis Kambe l'avait récupéré par mon intermédiaire, et y m'revenait. Bah, avec une nuit de bidouillage, j'étais certain de pouvoir en faire une pétoire comme on les aime. Culasse mobile, propulsion à gaz, et une mire laser en plus d'une lunette démontable. En rajoutant un RedDot, ça pourrait vite devenir une vraie merveille. J'm'y suis mis. J'ai démonté un SVD, un L118, et j'me suis mit au boulot. Les percuteurs valaient mieux que les gaz shots, mais ça rendait l'arme inutilisable dans certaines zones a risques (poches de gaz, centrales...). A oublier. Un changement de levier pour expluser les culasses s'imposait, ce fut bien vite fait. Deux coups de fer a souder, et c'est parti ouistiti! Rallonger le canon était un impératif pour gagner en portée, et j'me suis pas gêné pour le faire a l'aide d'un vieux L96 démonté à la hate. Au final, plus b'soin de faire du balle-par-balles niveau recharges, ça dev'nait une arme à chargeurs, portée d'un kilometre au lieu des sept cent metres prévus pour un MN , et un adaptateur pour tirer des petites cartouches comme des grosses. Le RedDot se montait tranquille, le trepied du L96 aussi, et avec un coup de patte de deux autres dentus, on a meme reussi a en faire un fusil pliable. Dans la doublure de ma housse a violon, il rentrait nickel chrome. Une bonne vieille AK-47 en prime, et deux magnums .44 (quelle merveille, cette arme...), quelques grenades a gaz et des flash, ça d'venait vite un bel attirail. Resultat, on était prets a retourner au pays et organiser la défense contre les Neph's. Toutes les pétoires chargées, on embarquait dans un vieux B52 qu'un ami qui connaissait mes difficultés a trouver de quoi trimballer tout mon bordel, avait gentiment loué pour moi à un particulier. Retour à la maison en vitesse, et on revenait sur un climat normal des le lendemain.

- Youri? Je crois que quelqu'un veut te parler...Et a mon avis, c'est pas pour une visite de courtoisie...
- Je ne crains personne, que ce quelqu'un vienne!
- J'ai fait évacuer tout le monde au poste de repli...C'est ELLE, Youri...
- ...Pars avec les autres. Laissez-moi seul face à elle. PARTEZ TOUS!
- Ta garde refuse de partir. Ils disent que tu les a menés ici, alors qu'ils passeront de l'autre coté du miroir avec toi, ou qu'ils se battront à tes cotés, tout du moins, jusqu'à leur dernier souffle. Adieu, Youri. Que les portes du paradis s'ouvrent à toi, Khlisty, tu le mérites pour ton pélerinage jusqu'ici.
- Que le Seigneur t'accomptagne, Katarina. Adieu.

Je suais comme un boeuf. ELLE. Ici. Impossible. ELLE ETAIT ICI, A OSTRAGRAD! Cette ville, je l'ai construite de mes mains, a la sueur de mon front. Cette ville, c'était l'oeuvre d'une vie d'un homme qui venait se racheter de ses péchés par un pelerinage en terre désormais sainte par l'arrivée de ceux qui méritaient une terre d'accueil. Sauf Dragomir Drosky. Qu'est-ce qu'il m'aura fait chier, celui la... Ma garde entre, je pose mes armes sur mon bureau, déchargées, canon vers moi, crosses vers la porte. Ils se placent tous autour de moi, en protection. D'un mot, je brise la formation. Armes au sol, hommes au garde à vous a mes côtés, mais regardant le sol. Je leur de ne pas bouger d'un geste, de rester droits, d'être dignes de moi sans manquer de respect à Amasis. Le plus jeune d'entre eux a mille sept cent huit ans. Le plus agé atteindrait son second millénaire l'année suivante. Je ne voulais pas voir mourir des compagnons d'infortune aussi bêtement. Ici, chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe. "Vampire, si tu tombes, un vampire sort de l'ombre à ta place". Cette inscription, écrite en caractères latins, grecs, hébreus, arabes et cyrilliques orne l'avant de mon bureau. Ce soir, j'étais prêt à mourir pour eux que j'ai pourtant plutot maltraité. Dictateur sur cette terre, je me retrouvais face à une puissance que nul ici ne pouvait dépasser. Ma garde entiere et moi memes n'auront pas le loisir ni la chance de pouvoir porter un coup si Amasis était là pour m'abattre. Elle n'entrait pas. Mes lames "papillon" se croisèrent dans mes mains, énormes tranchoirs qui seraient, si je dois mourir, mes seules posessions. Torse-nu, je faisais face à la porte. Elle ne s'ouvrait pas. Ma voix de stentor résonne dans la salle de pierre brute, le feu dans la cheminée faiblit au son meme de ma voix, les murs tremblent, mais une chose est sure. ELLE, elle ne tremble pas. Elle doit rire de mon age, la moitié du sien. Mais je m'en fichais. J'étais a l'article de la mort, puisqu'elle était là. Je n'avais rien d'autre a faire qu'un baroud d'honneur

- Je ne redoute qu'une personne, Première. C'est toi. Entre et parlons si tu viens en amie, entre et tue-moi si tu viens pour cela. Mes hommes n'agiront pas. Je ne veux pas les envoyer au suicide, même s'ils ont décidé d'y rester. Ces vampires sont la pour se protéger de Gaia. Ces vampires attendent le grand jour. Nous nous rangerons à tes côtés si c'est pour vaincre Gaia que tu viens nous chercher. Nous avons des armes, des vivres, mais surtout, du courage et de la haine pour celle qui a fait de ce monde son jouet. Que veux-tu au Prince des Vampires des Glaces, Reine de ceux du Soleil?


Dernière édition par Salviandre De Noircastel le Jeu 27 Sep 2012 - 21:44, édité 3 fois
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MessageSujet: RP p1   Mar 25 Sep 2012 - 22:43
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Un vague bruit de sirènes, des voix humaines peut-être... je ne vois pas leurs visages, je n'ai pas la force de les appeler... rideau.


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J'ouvre les yeux lentement et j'aperçois, encore flous, des murs autour de moi. Je suis dans un lit avec des draps propres, une perfusion dans le bras droit. J'ouvre complètement les yeux et je distingue plus nettement les persiennes qui filtrent les rayons du soleil d'un automne encore tiède. Apparemment, je suis encore vivante. La douleur vive qui vient de me surprendre au thorax en est la preuve. Je suis dans une chambre d'hôpital, à Rome certainement mais je n'en suis pas certaine. J'ai la bouche pâteuse et une soif terrible m'étreint la gorge. Normalement, il doit y avoir un petit interrupteur derrière ma tête qui me permettra d'appeler une infirmière mais dès que je lève le bras, la douleur s'accentue et je hurle de surprise au premier mouvement. je laisse tomber mon bras pour reprendre mon souffle et je réfléchis ... ça permet à une infirmière de passer la porte. Il faut croire que j'ai crié assez fort.

Ciao! Mi chiamo Martina e mi prenderò cura di te mia bella.

Je lui souris comme je peux. La douleur m'a anesthésiée.

Grazie... mille.

E 'bello vederti sveglio. Eravamo molto preoccupati quando sei arrivato.

E 'stato così male?

Sei andato a questo ...

Elle accompagne la parole d'un geste qui mime un écart particulièrement mince entre le pouce et l'index. Ah quand même...
Elle injecte dans la perfusion une solution à base de morphine. En fait j'en sais rien mais je le devine à la rapidité avec laquelle ce machin me plonge dans un état relaxant. Pendant que je végète, elle en profite pour ouvrir ma blouse et changer mon pansement. Je lui demanderais bien un miroir pour vérifier moi-même les dégâts mais je n'arrive même pas à ouvrir la bouche. Elle s'applique et manifestement fait bien son travail. Le pansement est changé en un rien de temps. Je voudrais la remercier... rideau.


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Les yeux ouverts, je regarde autour de moi pour vérifier si quelque chose a changé. Non, tout est comme la première fois. Je deviens parano. J'ai besoin de parler à quelqu'un, j'ai besoin de savoir depuis combien de temps je suis là et si ça va durer longtemps ce petit séjour. Je lève doucement le bras droit où se trouve toujours une perfusion. J'ai retenu la leçon mais cette fois, malgré quelques étirements au niveau de la cage thoracique, j'arrive à atteindre le petit interrupteur. Je m’apprête à attendre pas mal de temps. On est en Italie... Je tourne la tête sur la droite. La fenêtre est fermée et les persiennes aussi mais la lumière a considérablement diminué. Ca doit être la fin de la journée. Combien de jours plus tard? Mystère. Un autre mystère apparaît à la porte: Martina est là! Incroyable, cela doit faire à peine trois minutes que j'ai appelé. Je trouve ça très louche tout d'un coup.
Elle est souriante et m'apporte un plateau avec un repas léger.

Tenez bellissima! un bol de bouillon, une pomme et un verre d'eau. Vous n'êtes pas capable d'assimiler davantage.

Elle déconne ou quoi? J'ai tellement faim que je serais capable de bouffer un bœuf entier!
Vais-je réussir à parler? Test... 3, 2, 1...

Martina...

Yeah! Ca c'est gagné!

... depuis combien de temps suis-je ici?

Elle pose le plateau sur la table de chevet et se dirige à l'extrémité de mon lit où est accrochée une plaquette avec tous les examens que j'ai reçus depuis mon arrivée. Elle hoche la tête.

Vous voulez vraiment le savoir?

S''il vous plaît, oui.

Bien. Vous êtes ici depuis 16 jours. Après votre opération, on vous a plongée dans un coma artificiel pour vous épargner la douleur de la cicatrisation. Mais je vois que ça a l'air d'aller beaucoup mieux.

16 jours?

Je reste là... comme une tourte, sans rien dire, les yeux et la bouche ouverts comme ceux d'une carpe... et à qui je dois certainement ressembler vu le rire de Martina. J'affecte une mine sombre pour la faire taire. Je suis vexée. Merde! 16 jours! Comment je vais payer tout ça moi? Non, pas comme d'habitude, je ne suis pas en état. Et mon contrat, Et mon employeur? Et le connard qui a voulu me buter? Et je suis encore en vie? Mais c'est quoi ce bordel à la fin? Je fais signe à Martina de s'approcher.

Martina, dites-moi où je suis et si vous me mentez, je vous égorge quand je sortirai d'ici.

Je lui fais mon regard de tueuse mais ça n'a pas l'air de l'effrayer le moins du monde.

Je ne crois pas que vous sortirez d'ici signora mia.

Elle me sourit et sort de la chambre en me laissant la nuit pour bien m'angoisser. Mais ils ne connaissent pas Flower Davies. Tu vas voir ma grognasse si je ne vais pas sortir de ce traquenard!!

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Je me réveille en sueur, soudain étreinte par une terrible angoisse. Machinalement, je bouge mes bras et je constate avec la plus grande des joies mais également beaucoup de surprise que je ne suis pas attachée. Grossière erreur mes poulets! Car je n'ai pas l'intention de moisir ici! Je me lève immédiatement mais la perfusion est toujours plantée dans mon bras et la douleur qui me soulève le coeur me rappelle que je me suis faite ouvrir la poitrine et que ma vie tient aussi à ce foutu goutte-à-goutte. Et puis, non! Je détache doucement les sparadraps qui tiennent l'aiguille et je l'enlève en grimaçant. Je manque de m'évanouir car soudain, la dose de... de je ne sais pas quoi ne circule plus dans mon sang et je me sens faible, très faible. Je dois attendre la fenêtre avant que quelqu'un ne revienne. j'ignore si c'est le jour ou la nuit mais je m'en fous. De même que je me fous totalement du fait que je ne porte qu'une blouse d'hôpital sur moi. Tout ça c'est du détail.
Je n'ai pas le choix, je dois m'asseoir et attendre que la nausée passe. 5 minutes... 10 minutes... Sur l'horloge murale qui se trouve face à moi, je vois le temps qui s'écoule et pour la première fois, je me dis "vite! Plus vite!!" Je me sens mieux, je me relève doucement et j'avance vers la fenêtre... la poignée est à ma portée... je la tourne... la fenêtre s'ouvre... Les persienne maintenant... Oh non! Rien! Pas un seul système pour les ouvrir! Je pose mes mains dessus et je constate horrifiée qu'elles sont en acier et que je ne pourrais jamais les pousser.
J'en hurlerais de rage. Je retourne dans mon lit et remets la perfusion en place. Ca sert d'avoir été infirmière sur les champs de mort d'une guerre mondiale. Comment je vais sortir d'ici? A tous les coups, tout le personnel est aux ordres et chaque personne croisée aura vite fait de me remettre dans cette chambre manu militari. Réfléchis ma Flo... Tu es une succube, tu ne devrais pas avoir trop de mal à tous les embobiner pour qu'ils te laissent sortir. Mais il sont combien hors de cette chambre? Je n'ai pas la moindre envie de me laisse toucher par tous les ploucs de cet établissement! D'avance, ça me dégoûte. On peut aimer se vautrer dans la luxure mais pas avec n'importe qui! J'veux du haut placé, de l'aristo et du gradé! Pas un pauvre pignouf qui sert de garde malade!

Mes yeux se ferment... Je suis encore fatiguée...




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Rome, ville ou tout fleurit. Surtout les accidents. Rome, ville des pickpockets. Rome, ville intemporelle et pourtant si éphémère au vu des changements incessants de la morphologie urbaine. Rome, que Salviandre aime tant visiter. Ses musées, ses bâtiments, ses restaurants, et ses hôpitaux...Ah, la différence entre les hôpitaux français et italien était notable à la seule vue du personnel. En Italie, ils étaient pessimistes. En France, même avec deux cancers, une tumeur, deux balles dans le thorax et un poumon éclaté, on pouvait encore survivre. A Rome, une jambe cassée et c'était fini. En s'informant des dernières nouvelles, une des plus étranges surprit le français: malgré le fait qu'il ne comprenne absolument rien à l'accent nasillard du présentateur, il constate bien vite qu'une femme au charme peu commun a été retrouvée en piteux état et...Qu'elle est dans un des hôpitaux les plus insalubres. Le temps de faire quelques recherches sur cette Flower Davies, dont le nom a sauvagement été écorché par le présentateur...Voyons voir...toute jeune, bien trop belle pour être humaine, survivante d'une balle dans le thorax, et au passage, retrouvée dans une situation peu commune... L'argent pouvant tout faire, Salviandre n'eut pas de mal à trouver un faussaire. Une accréditation pour les salles de pièces à conviction, un passeport diplomatique, de faux papiers militaires...Son tailleur saurait probablement se débrouiller pour lui faire un costume d'officier. Bingo! Deux jours plus tard, Salviandre De Noircastel s'appelait Antonio Di Biagio. General de corps d'armée.

Dans le dédale de ces armoires contenant les pièces à conviction, on le conduit jusqu'à une longue boite de carton. Il l'ouvre. Un fusil de sniper. Et pas n'importe quoi! Barett .50, balles chemisées en tungstène, lunette réduisant l'effet de Coriolis par une forme moins arrondie que les lunettes classique et un troisième foyer...Du matériel de pro! Il fouille dans ses poches, et en sort un écrin contenant une pâte vert pale, dans laquelle il pose une des munitions et referme la boite un instant, puis repose l'engin de mort et ressort après avoir rangé tout comme si rien n'était arrivé. En partant, un seul ordre:ne laisser passer personne. Le lendemain, il avait enfin préparé ce qu'il voulait: un moulage de la balle. Puis une reproduction EXACTE de celle-ci. Maintenant, il avait ce qu'il voulait. Une visite à la belle lui fut autorisée, mais elle était encore dans le coma,et il en profita pour poser un micro sous le sommier après avoir occulté la camera à l'aide de son couvre-chef, tout en parlant pour laisser à penser une maladresse. Il ne revint que la semaine suivante, pressé par les affaires, mais elle dormait encore et toujours. Ainsi passèrent dix sept jours, au terme des quels il revint voir la blessée. Était-elle endormie? Faisait-elle semblant? Il dut batailler avec l'administration pour qu'on le laisse la voir, mais après avoir convaincu l’infirmière de garde de ses prouesses sexuelles, il la laissa aussi vide d'intelligence qu'une coquille d'escargot à la mort de son propriétaire. Cette femme l'intriguait au plus haut point. Il devait la faire sortir de l’hôpital, et les moyens conventionnels ne suffiraient pas. Salviandre ne s'était pas encore habitué aux petits téléphones portables, qui relevaient d'un trop haut niveau technologique pour qu'il tapât sur leurs touches à grande vitesse. Mais il parvint, au bout d'une minute, à appeler son chauffeur, a lui demander de venir en amenant une poche à perfusion de morphine diluée, gardée au frais,un pain de semtex avec fils électriques et détonateur, ainsi que de préparer les sièges arrière pour une personne couchée. Sa limousine n'arriva pas tout de suite, mais elle arriva tout de même. Il était prêt. Elle devait se réveiller maintenant, il n'aurait pas de deuxième essai. L'incube avait mis les charges en place, Salviandre n'avait qu'à presser un bouton pour les faire éclater et ouvrir ce maudit maillage de persiennes...Mais il fallait que la jeune femme se réveille. Ils ne la laisseraient pas sortir avant d'avoir fini de l'achever, on s'occuperait mieux d'elle dans l’hôpital privé du français, à Murano. Et elle ne serait plus poursuivie. Car il n'y avait aucun doute, elle l'était. Personne n'aurait tiré ici si il avait tiré par réflexe. Aucune chance. Il devait la reveiller...

- Allez, debout, il faut partir maintenant! Stand up, we must go! ¡ De pie, vamos allá! si va in piedi, ci! Dans quelle langue, diable, dois-je le dire? En russe? мы идем туда! Allez, allez, le temps presse!

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Je suis dans les vapes pourtant, j'entends au loin quelqu'un qui m'appelle. Ce qu'il me dit? Aucune idée mais sa voix arrive jusqu'à mon oreille. Je suis morte et je suis en Enfer, loin de Tyraël. La voix n'a aucun intérêt. Je ne fais aucun effort pour sortir de cette demi-mort. Mais je me sens secouée et un peu bousculée. La voix s'acharne, me demande de me lever. Nan! Je suis morte, je n'ai plus rien à faire avec les vivants quels qu'ils soient. Alors pourquoi j'ouvre un peu les yeux? Je devine un visage masculin mais sans plus. La voix me demande de me réveiller. Il paraît qu'il faut faire vite. Depuis quand il faut se presse en Enfer? Ah tiens, ils parlent russe aussi dans les ténèbres? On rencontre décidément n'importe qui! C'est le propre de l'Enfer, il faut bien l'admettre.
Oui, bon... ça va, je me lève... Je ne sais même pas ce que je fais. Un pied hors du lit qui pèse une tonne, un autre, les yeux encore clos. j'essaye de me mettre debout mais je m'écroule sur le lit comme un sac à patates.
Je sens alors quelqu'un qui passe un bras sous les miens et qui me tiens debout tant bien que mal. Et la perf'? S'il l'a enlevée, je n'ai rien sentie et on s'en fout. Il veut me faire sortir d'ici. J'ai beau être intellectuellement déficiente en cet instant, je comprends parfaitement ce que ça veut dire. Et ça m'arrange! Donc, je me laisse faire. Mais je n'ai pas trop le choix vu mon état. Je ne vois rien ou presque, je sis juste que je me fais traîner dans les couloirs et que ça ne plaît pas à tout le monde... Et soudain BOUMLes murs tremblent et le bruit me débouchent les oreilles, mes sensations retrouvent leurs pleines capacités et mes yeux s'ouvrent enfin complètement sans cette impression de poids attachés aux paupières. Je tourne la tête pour voir qui est mon sauveur pendant que dans les couloirs de l'hôpital, tout le personnel se précipite vers ma chambre. Je ne peux pas voir son visage dans cette position et comprends sa stratégie. Il ne me reste plus qu'à comprendre qui il est et pourquoi il est venu me tirer de là. Je suis encore trop faible pour marcher seule mais mes jambes ont plus de force désormais et je l'aide comme je peux à quitter ce foutu endroit. Dans la panique générée par l'explosion nous passons à peu près inaperçus.

On arrive dehors et la lumière m'aveugle. Je pose une main protectrice sur mes yeux qui me brûlent mais lui ne s'arrête pas. Il traverse le parking de l'hôpital et nous emmène dans la rue où nous attend une voiture. Il me dépose à l'arrière le plus délicatement possible et pendant qu'il s’installe, le chauffeur démarre en trombe. je suis allongée sur la banquette arrière, les yeux encore éblouis mais le cerveau 100% fonctionnel. J'ai au moins 378 questions à lui poser mais au moment où j'ouvre la bouche pour parler, cette nausée insupportable me revient et cette fois, je ne peux la contrôler. En un spasme, je vomis sur le plancher ce qui me donne une suée terrible. je me redresse et m'écroule sur la banquette. J'ai à peine la force de murmurer.

Désolée.

Rideau...

=========================

- Feu d'artifice, c'est parti!

KA-BOOOM! Explosion des persiennes d'acier. Lumière. Air frais. Saut par la fenêtre. Mal aux genoux, mais Salviandre tint bon. Il portait de son mieux la jeune femme, la soutenant d'un bras, le téléphone coincé entre l'épaule et l'oreille, un magnum .44 dans la main libre, en cas de problème. Elle ne tenait presque pas debout, mais il fallait qu'elle tienne jusqu'à la voiture, ce qu'elle fit dans un effort surhumain. Salviandre hurlait des ordres à ne plus savoir qu'en faire, en conférence téléphone avec les quatre personnes qui devaient le couvrir ou du moins, l'aider à s'enfuir. Le chauffeur se tenait prêt, et démarra en trombe alors qu'il entrait et s'asseyait à côté de la jeune femme. C'était fait. Ils étaient dehors. Direction le port de civitavecchia. Direction Murano. Direction la survie. Pourtant, Salviandre -bien qu'ayant les pieds trempés d'une régurgitation intestinale composée de bouillon, de pomme...et de sang- continuait d'enchaîner les ordres à une vitesse ahurissante, dirigeant le trajet du chauffeur, la mise en place de deux faux barrages de police, le brouillage radio dans la zone de l'évasion, et la destruction de fenêtres de trois autres chambres au hasard pour cacher la préméditation du geste, ainsi que le rapatriement des trois malades dans ces chambres -bien que seul deux rejoindront la zone de ralliement, la troisième chambre étant vide-.

- Ma belle, nous aurons à parler...quand nous serons en sureté...Repose-toi, nous avons le temps.

Amarré au port, le yacht de Salviandre fut bien vite prêt au départ, et il tint lui même à conduire, après avoir transbordé les passagers de leur voiture respective au bateau par l'intermédiaire de brancards, Attachant celui de miss Davies dans la cabine de pilotage en cas de réveil, transférant sa perfusion au même endroit. Il enclencha en vitesse le pilotage automatique après avoir ordonné à ses hommes de se disperser, au chauffeur de la limousine d'aller faire des courses pour justifier les déplacements rapides effectués dans la ville. Tout le monde savait que Salviandre était un excentrique. Après avoir vérifié leur destination avec le système GPS, il partit se changer. Costume noir, chemise blanche, cheveux rapidement tirés en arrière, lunettes de soleil sans tain, reflétant l'image de quiconque tentait d'y observer quoi que ce soit, une ceinture de cuir avec une poche à pistolet, une montre à gousset en argent, et il remonta aussi une robe noire à peu près de la taille de Flower. Il avait bien fait d'apprendre les bases du piratage informatique, il en savait désormais un peu plus sur elle. Non content d'avoir pris l'empreinte d'une balle, le matin ou il avait eu quelque peu d'aide pour s'infiltrer dans la chambre des pièces à conviction, il avait aussi tout nettoyé. Balles, fusil, boite en carton, et effacé ses traces dans le fichier informatique recensant toutes les visites. des vêtements tout noirs, un yacht tout noir, deux incubes à bord -du moins, Salviandre le soupçonnait-il fortement, rien qu'à cause de l'incroyable beauté de cette jeune femme-, tout cela n'était pas vraiment du plus discret, mais la moitié de ces choses ne se savaient pas. La robe, à quoi bon? Un présent? Un piège? Non, simplement que l'île de Murano, exceptés des touristes, n'accepte sur sa terre que la jet-set mondiale. Et dans des vêtements d'infirmerie, laids, simples, il ne rimait à rien de tenter d'atteindre l'île. Salviandre était remonté avec cette robe, qui laissait les épaules à nu, des gants montants, et un petit coffret, qu'il ouvrit, et dans lequel il sélectionna un pendentif d'argent retenant une rose de rubis, une montre plate au bracelet d'or, des boucles d'oreille en perle, ainsi qu'un serre-tête incrusté d'une ligne de minuscules diamants. Une tenue royale. Il redescendit en catastrophe chercher des sous vêtements après avoir jaugé du regard la taille nécessaire à sa passagère, et changer ses chaussures, car il avait, après s'être lavé et changé, remis celles qu'il avait lors de leur fuite. Il changea pour des chaussures montantes en cuir noir, qui s'assortissaient avec sa tenue.. Encore une demi-heure avant Murano. Il était déjà prêt, et très classe, il ne manquait plus qu'à habiller Flower, puisque ses hommes, si ils avaient suivi les ordres, s'en étaient déjà occupés pour les deux autres enfuis de l'hôpital. Salviandre vint s'accroupir à côté du brancard, surélevé par des roues imposantes, et posa sa tête juste à côté de celle de la jeune femme blonde pour lui murmurer quelques mots à l'oreille.

- Lève-toi, ma soeur, supplante ta douleur. Lève-toi car tel est ton désir. Survis. Si ce n'est pas pour toi, c'est pour un autre. Lève-toi. Nous y sommes bientôt. Tu es sauve, mais pas sauvée. Lève-toi et tu le seras. Oui, Flower. Lève-toi. Ouvre les yeux et lève-toi. Tu survivras.

Ses imposantes lunettes de soleil cachaient la partie haute de son visage, empêchant de jauger sa beauté, si ce n'est à des lèvres pulpeuses parfaitement dessinées, un nez droit sans une imperfection, sans une sortie trop prononcée de l'arrête nasale, à des cheveux noirs plus doux que la soie même, à une peau d'albâtre plus froide que la mort même, contrastant avec ses lèvres charnues et rougeoyantes. De ce que l'on voyait de son visage, il en émanait déjà une aura d'attraction puissante. Il savait jouer avec le mots, ressentant les émotions que Flower ressentait aussi, dans son inconscient, modulant son ton pour ne pas l'effrayer, pour l'apaiser, pour la calmer, pour lui faire ressentir le besoin de se lever. Ils ne pouvaient pas échouer pour une simple question vestimentaire. Il appuya sur deux boutons, le premier pour ralentir légèrement l'allure du yacht, le second pour adapter le verre à la lueur du soleil,qui se faisait un peu forte, et risquait de blesser miss Davies. Maintenant, il ne lui restait plus qu'à espérer qu'il n'aie rien perdu de ses facultés d'empathie et de persuasion...Enfin, sinon, il devrait se charger de la changer, et admirer un si beau corps le temps de le vêtir de morceaux de tissus artistiquement cousus entre eux et de pierreries ne lui déplaisait pas le moins du monde. Par contre, rendre des comptes, il avait horreur de ça. Et il allait y être obligé, c'était presque sur si il faisait ça...Pourvu qu'elle se réveille...


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Lève-toi, ma soeur, supplante ta douleur. Lève-toi car tel est ton désir. Survis. Si ce n'est pas pour toi, c'est pour un autre. Lève-toi. Nous y sommes bientôt. Tu es sauve, mais pas sauvée. Lève-toi et tu le seras. Oui, Flower. Lève-toi. Ouvre les yeux et lève-toi. Tu survivras.

Une douce mélodie parvient jusqu'à mon cerveau. Une mélodie dont les paroles sont encourageantes et me motivent à ouvrir les yeux. Un nouvel endroit, de nouveaux "hôtes". J'écarquille les yeux et je les fais cligner plusieurs fois pour me réveiller totalement. Je suis allongée sur un brancard, apparemment, on me traite bien... je tourne la tête vers la provenance de la mélodie et je tombe nez à nez avec un... Oh mon dieu! Un frère! Qu'est-ce qu'un incube vient faire dans le scénario? Bon, je réfléchirai plus tard, je ne suis pas vraiment en état en cet instant.Je me soulève avec l'aide de mes avants-bras et je tente de rassembler mes souvenirs.

Excusez-moi... c'est assez confus pour moi en ce moment mais... C'est vous qui m'avez sortie de l'hôpital, n'est-ce pas?

Je poursuis, contente de n'avoir pas retapisser son plancher mais un peu ennuyée quand même. J'ai de l'éducation et je n'aime pas mettre dans l'embarras ceux qui me viennent en aide.

Excusez-moi pour les dégâts dans la voiture. Je suis vraiment confuse mais... si vous pouviez m'éclairer sur la situation, cela m'aiderait grandement à vous donner les réponses aux questions que vous vous posez surement.

Ca tangue un peu... Heureusement que je ne suis pas sujette au mal de mer.

C'est quoi ce bateau? Et on va où? J'aurais vraiment besoin de retourner à Rome si ça ne vous ennuie pas.

J'ai conscience que ce flot de questions est un peu abrupte mais me faire enlever deux fois en moins d'un mois après une tentative d'assassinat, ça commence à bien faire. J'ai besoin d'explications maintenant que mes forces physiques et mentales reviennent à toute vitesse. Et il a l'air d'en connaître long sur moi vue la façon dont il m'a parlé. Déjà, il me tutoie alors que j'ai horreur de ce genre de familiarité, il m'a appelée par mon prénom et pour finir a employé le terme de "sœur"'. Trop de personnes me connaissent sans que l'inverse n'existe. Je me dis pendant quelques instants qu'il va falloir que je disparaisse de la circulation pendant un bon siècle pour me faire oublier. A Lesbos par exemple...


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- Heureux de vous voir reveillée. Je crains qu'un retour à Rome ne soit pas envisageable dans votre état. Vous avez perdu du sang a en rassasier un vampire pour une semaine, et j'imagine que la présence de ce genre de choses auprès de vous lorsque les secours sont arrivés n'est pas là pour arranger les choses...

Délicatement, à côté d'elle, le charismatique Salviandre dépose la reproduction exacte de la munition de gros calibre trouvée à côté de son arme. Miss Davies allait avoir du mal à s'en tirer avec ça sur le dos. Du moins, elle aurait eu du mal si Sal' n'avait pas été d'une paranoïa incroyable, au point de récurer l'arme et les munitions jusqu'à en effacer toutes les empreintes. Sa voix ne trahissait nulle inquiétude, nulle colère : il était serein. Sauf qu'ils approchaient de cette petite ile sur laquelle se réunissait la jet-set italienne, autrement dit, les plus grandes familles mafieuses et les gros commerciaux à leur botte. Sal étaient des rares à n'être la que pour ses possessions. Il n'était la que pour sa villa et son hôpital. La soirée se serait annoncée palpitante, la vente aux enchères de la soirée consistait en une demi-douzaine de diamants d'un calibre exceptionnels, retrouvés taillés et polis dans les ruines d'une ville de l'empire romain, qui se serait trouvée dans la région de Naples.

- Je m'en retourne à la barre, vous n'avez pas de comptes a rendre pour le moment. Vous êtes sur mon bateau, et nous allons quelque part ou vous serez en sécurité. Mon nom est Salviandre de Noircastel. Sal' suffira, vous êtes officiellement ma compagne pour passer le contrôle d'entrée sur l'île. Officieusement, rien n'est plus faux, bien sur. Je ne me retournerai pas, vous pouvez vous habiller tranquillement. Vos nouveaux vêtements sont à côté de vous, sur la tablette. On n'entre pas ici habillé comme vous l'êtes. Les riches humains sont si pitoyables, avec leurs préjugés...La beauté des nôtres est un passe-partout contre lequel les portes humaines sont sans défense. Celle-ci n'a malheureusement pas de serrure mais des portiers que cela indiffère. Je parle beaucoup, je le sais, mais vous prévenir est d'usage. J'ai, où nous nous rendons, un petit hôpital, une clinique privée, en quelque sorte, où on vous soignera sans trop de mal. La où vous étiez, le concept de prison était aussi près de la réalité que celui d'hôpital en était loin. Arrivée prévue dans vingt trois minutes.

Se saisissant du micro à côté de la barre, Sal' passa une annonce au bateau complet, à l'attention de tous ses hommes de main à bord, ainsi que de ses passagers, les prévenant de imminence de leur débarquement, qui devra se faire en vitesse, demandant aux dénommés Benoît et Pierre de préparer le matériel d'escorte, deux canots à moteur, et de se mettre en tenue de gardes du corps. Le bateau comptait seize personnes en permanence, plus deux passagers, Salviandre, Flower, et les trois chauffeurs des voitures de diversion. Autrement dit, huit gardes et quatre personnes a faire passer, le reste du personnel restant sur le bateau. Il le précisa, citant des prénoms aux consonances variées, bien qu'a dominances latine ou germanique, et reposa le micro pour se concentrer sur le guidage du véhicule. Il prenait son temps, effleurant à peine la barre pour la diriger, jouant d'adresse pour esquiver les récifs artificiels placés autour de l'île pour éloigner les gêneurs et ceux qui n'étaient pas invités (souvent une seule et même catégorie de personnes), les algues hautes de la lagune, et finit enfin par laisser le bateau aller droit, baissant les stabilisateurs pour minimiser tant le roulis que le tangage. Il s'essuya le front du revers de la manche. Ces manœuvres étaient compliquées pour lui, qui ne comptabilisait pas plus de trente heures aux commandes d'un tel bateau. Il ne se retourna pas en annonçant dans le micro :

- Arrivée prévue dans cinq minutes, préparez-vous à affréter les canots, vérification de l'équipement des gardes et du détails des tenues. Benoît, Pierre, venez me rejoindre au poste de pilotage. Groupes de deux gardes par passagers selon la convenance de ceux-ci. Tout le monde dans trois minutes aux postes de débarquement. Le yacht devra être manœuvré jusqu’à une des places suivantes, au choix: 27, 64, 68. Ces trois emplacements sont ma propriété, je veux être averti de la place exacte ou a été garé le bateau. Mon téléphone de service est toujours actif. Salviandre, terminé. Mademoiselle, puis-je me retourner ou êtes vous prête à partir? J'ai appelé deux gardes parmi les plus compétents pour vous surveiller, et je veillerais aussi cette nuit. Celui qui vous a infligé ces blessures voulait vous tuer à petit feu ou juste vous blesser de manière à vous rappeler qui était le patron. Je n'ai pas pu analyser le calibre des balles, ni même me préoccuper des blessures sur votre corps, j'espère simplement que vous tiendrez jusqu'à destination. "Ce sont toujours les plus belles fleurs qui fanent le plus vite" , dit-on, je compte sur vous pour être l'exception qui confirme la règle...Prête?





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L'esprit encore un peu dans le brouillard mais malgré tout plus alerte que lors de son premier réveil, elle tentait de comprendre où elle était et qui lui parlait. Une tonne d'informations sortait de la bouche de son interlocuteur à la seconde. Elle avait juste envie qu'il se taise. En fait, la seule info qu'elle retint et qui lui sembla présenter un peu d'intérêt était sa destination. Une île de la jet-set italienne. Un repaire de milliardaires où on trouvait pêle-mêle aristos, mafieux, membres du haut clergé, politiciens, industriels, dirigeants d'entreprises virtuelles... Du linge sale. Flower détestait ces lieux, elle détestait ces gens. Elle avait fréquenté des rois, vécu aux côtés d'impératrices, vécu dans le luxe... mais les nouveaux dirigeants du monde au XXIème siècle la laissaient de marbre. Rien, elle ne trouvait rien pour les racheter de leur vulgarité, de leur décadence, de leur abandon de certaines valeurs... Ce siècle n'était pas le sien. Elle ne dit rien sur tout ce qu'elle entendait mais pensa que son employeur était quelqu'un de très fortuné lui aussi... Quelle merde!

Salviandre de Noircastel... Inconnu au bataillon celui-là. Et puis sa tête ne lui disait rien... Elle chercha vaguement dans ses derniers souvenirs de rassemblements sur Lesbos mais aucune image ne vint éveiller son esprit. Il faut dire qu'elle n'y avait pas mis les pieds depuis très très très longtemps et plus jamais à l'occasion de l'équinoxe de printemps. Peut-être y était-il allé? Elle n'eut pas le temps de chercher sur son visage, cette fameuse "clarté" qui faisait resplendir les élus de chaque année. Elle verrait ça plus tard.
Il lui indiqua une pile de vêtements posés sur un tabouret en bois et elle suivi du regard la direction ainsi indiquée. Elle ne répondit toujours rien à sa remarque sur les a priori vestimentaires des humains. Elle voulait juste qu'il se taise. Son dos, lui faisait mal, sa tête lui faisait mal... Silence bon sang!! Lorsqu'il se fut retourné pour lancer ses ordres à droites et à gauche, elle se leva péniblement et attrapa ce qui ressemblait à une combinaison noire en soie avec une grande étole en mousseline gris perle. Des sous-vêtements simples, en coton, complétaient le "pack" de survie en milieu hostile qui lui permettrait d'affronter les regards inquisiteurs des gardes-chiourmes de l'île. Elle s’habilla rapidement et fit pendre l'étole dans son dos pour masquer sa blessure et se concentra pour pouvoir rester debout.
Elle répondit simplement "oui" lorsqu'il lui demanda si elle était prête à descendre.

Afin de jouer le jeu, comme il le lui avait expliqué, elle pris son bras et s'appuya dessus en faisant mine d'être débordante de tendresse pour son milliardaire de mari. Elle pu jouer une poule de luxe s'il avait voulu, ça n'aurait rien changé. Dans ce monde misogyne, superficiel et matérialiste, une pute ou une épouse, c'était pareil. Elle les détestait de toute son âme, faisant remonter en elle des envies de meurtre qu'elle mettrait certainement en œuvre dès qu'elle le pourrait.
Les formalités de "douane" effectuées sans encombre, ils se dirigèrent vers une limousine qui les attendait pour les emmener dans la villa de Salviandre de Noircastel. Lorsqu'ils furent installés confortablement dans cette voiture qui devait être plus grande que la chambre d'un étudiant parisien, Flower soupira et sans s'encombrer de fioritures inutiles, elle posa enfin la seule question qui était importante.

Qui êtes-vous monsieur de Noircastel? Comment avez-vous fait pour être là, au bon endroit, au bon moment? Vous semblez connaître beaucoup de choses sur moi. J'aimerais savoir comment et pourquoi.

Un silence encombra l'habitacle...

Mais avant, est-ce que je pourrais avoir 3 cachets d'aspirine s'il vous plaît? Ma tête va exploser.


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MessageSujet: Re: Memo RP   Mar 25 Sep 2012 - 22:44
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- La trousse de secours est sous votre siège, monsieur. Je vous prie de m'excuser de votre discussion, mais il me paraissait important de le signaler...
- Tu as bien fait, Gareth. Maintenant, direction la Forteresse.


Gareth était un jeune homme roux aux yeux noirs, du genre sympathique, toujours bon vivant, et surtout, qui n'avait pas la langue dans sa poche. C'était là une des principales qualités de ce garçon, qui ne disait que des choses intéressantes, où utiles, en présence de Salviandre, tout du moins. Sortant une bouteille d'eau du réfrigérateur entre deux sièges en cuir couleur crème, et un tube d'aspirine de la trousse de secours, qui se trouvait bien où avait indiqué Gareth, le chauffeur. L'incube se hâta de faire tomber les trois cachets dans une flute à champagne -car c'était bien là le seul type de récipients que l'on trouvait dans ce genre de voitures- et d'y verser l'eau nécessaire à la réaction effervescente qui permettrait par la suite la dissolution des molécules d'acide salicylique dans l'élément aqueux. La beauté de la chimie valait bien celle de la peinture, non? Nous nous égarons. Tendant le médicament à Flower, il précisa dans la foulée qu'il attendrait que le médicament aie fait effet pour commencer ses explications. Dans un mouvement fluide, il sortit de sa poche un paquet de carte pour faire passer le temps en attendant les cinq minutes approximatives nécessaires à l'effet de l'aspirine sur le corps de sa jeune consœur. Il enchaîna les tours de passe-passe et d'escamotage durant ce laps de temps, et se remémora tous les évènements dont il avait été témoins sur cette ile, et tous les peigne-culs qu'il y avait rencontré. Autrement dit, une bon paquet. Les cartes passaient et disparaissaient entre ses doigts, réapparaissaient dans ses poches, dans des tours simples, mais qui avaient leur effet. Il n'était pas la pour en mettre plein les yeux à Flower, non, ça, il s'en fichait comme de sa première chaussette. Il mélangea ses cartes, et regarda l'éventail tourné vers lui. De l'as au deux, les cartes étaient classées dans l'ordre par valeur dans un enchainement de couleurs tel que les cartes se suivaient dans l'ordre suivant: cœur - pique - trèfle - carreau. Il adorait ces petits trucs. Il rangea les cartes sans se presser et entama les explications.

- Disons que je suis de ceux qui aiment savoir ce qui se passe autour d'eux. Et qui ont à leur disposition quelques notions de piratage, de falsification, et autres horribles choses qui cependant nous arrangent bien. Je suis le fils d'un démon et d'une inconnue, enfant des rues, j'ai fini maquereau. Et riche. J'étais à Rome pour affaires quand j'ai vu, aux informations, votre visage, quand on débarrassait votre corps, votre arme, et vos munitions. J'ai donc effectué quelques petites opérations rapides pour effacer vos traces, et je suis parti quadriller la zone de votre ""sauvetage"" par ces infirmiers, et j'en ai déduit votre position. Vous étiez sur écoute durant deux semaines, je vous ai rendu une visite et j'ai placé un micro dans votre chambre. Puis j'ai décidé d'agir, puisque votre beauté vaut la peine qu'on la sauve, ils l'auraient flétrie, ces humains imparfaits. Il parla plus bas pour que Gareth ne puisse l'entendre. Au passage: étant moi-même vendeur, je ne m'encombrerais jamais d'une prostituée pour toute compagnie. Des que nous arriverons, ne m'en voulez pas, mais vous redeviendrez ma compagne jusqu'à l'hôpital qui se trouve sous la villa. Je vous remercie d'avance pour votre bienveillante coopération à votre sauvetage!

Salviandre fit craquer ses doigts, s'empara d'une canette de bière, bien moins classe que le champagne qu'il aurait pu se servir, mais il préférait la bière noire irlandaise au champagne brut. Il l'ouvrit d'un geste anormalement gracieux, comme tous ceux qu'il exécutait, et la vida d'une traite, sentant l'infusion fermentée de houblon et de sucre couler dans sa gorge, rafraichissant, les minuscules bulles de dioxyde de carbone caressant son palais sur le passage de la mousse...Un régal! Les suspensions de la limousine, noire, comme toutes les voitures de Salviandre avaient sérieusement atténué l'effet du freinage, Salviandre ne le sentit pas, jusqu'à ce qu'il entende les portes s'ouvrir et ses hommes se mettre au garde-à-vous derrière celles-ci, dans un souci de perfection. tous étaient sveltes, vêtus de complets aux couleurs sombres, cravate sang-et-ombre obligatoires, chemise blanche ou pourpre selon le grade de l'accueillant. Six chemises blanches, une chemise pourpre. Sal' sortit en premier de la voiture, après avoir remis ses lunettes de soleil, et envoya son poing dans le visage de l'homme a la chemise pourpre, qui l'arrêta, dans la manifeste intention de répliquer, ce qu'il n'eut pas le temps de faire, qu'il était déjà au tapis sous le genou de Salviandre. Il passa une magnifique gueulante au garde, qui était censé être dans le bureau de l'incube, à gérer sa ligne de téléphone professionnelle. Après cinq secondes de vociférations, autrement dit, une fois qu'il eut terminé ses vitupérations, il se calma et envoya le garde du corps un peu plus loin, tendant tendant une main galante à Flower, et lui parla d'une voix douce, comme si il commençait une prestation comme seuls ses confrères et consœurs savent le faire: une tentative d'influence en vue d'une séduction de la cible. Il état conscient que cela n'aurait presque aucun effet sur Flower, qui se contenterait de capter son petit jeu, mais il ne put s'en empêcher.

- Venez donc, ma chère, allons visiter mes appartements, il y a longtemps que personne n'y es entré sans être de la maison, mais l'arrivée en ces lieux d' une beauté comme la vôtre mérite d'être inaugurée comme il se doit, par quelque chose d'exceptionnel. Prenez-donc mon bras, je vous prie.

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L'aspirine lui fit du bien. La dose qu'elle avait ingurgité en une seule fois était (trop) importante mais elle fit rapidement effet et elle put écouter avec plus de calme et d'intérêt ce qu'avait à lui dire Salviandre. Il faut avouer que son explication la laissa davantage sur sa faim. Quoi? C'était tout? Un passage aux infos, deux-trois clics de souris et hop! C'était parti pour une intervention de sauvetage? C'était maigre comme explication et elle sut qu'il n'y avait pas que cela mais elle devrait s'en contenter pour le moment.

Tant de risques pris au nom de l'idée de la Beauté. Je ne sais si je dois trouver ça idiot ou grandiose mais une chose est sûre, je vous dois la vie. Quelles que soient donc vos réelles motivations, je vous remercie pour ça. Et pour l'aspirine également, cela va déjà mieux.

Mais ils arrivaient à destination et leur arrivée ne passa pas vraiment inaperçue. Peut-être à cause de l'engueulade qu'il passa à l'un de ses homme. Ou peut-être à cause du couple à la beauté et à la sensualité exacerbées qu'ils formaient tous les deux. Prenant la main que Salviandre lui offrait, elle joua le jeu de la nouvelle compagne épanouie, affichant un sourire complice lorsqu'il lui glissa quelques mots doux au creux de l'oreille. Et pour parfaire la comédie, elle posa son bras sur celui de l'incube et commença à descendre un escalier en pierre de taille sous les regards admiratifs et envieux. Elle peaufina leur jeu par un malicieux:

Je vous suis avec plaisir. J'apprécie que l'on m'accueille comme vous le faites... et je compte bien vous le prouver comme il se doit.

C'était une provocation, une invitation à fantasmes pour tous ceux qu'ils avaient croisés pendant le court laps de temps qu'avait duré leur passage en terrain public. Chacun et chacune allait désormais pouvoir s'imaginer les choses plus interdites et les plus scandaleuses qui se dérouleraient dans la chambre de leur hôte. Flower en riait déjà intérieurement. Comme il était facile de subjuguer des humains! Mais quant à elle, ce n'était pas des images libertines qui se formaient dans son esprit mais bien plutôt des images où elle serait enfin opérée convenablement et guérie. Lorsqu'ils furent descendus assez bas pour ne plus être entendus ni vus, elle dégagea son bras et accéléra le pas.

Dépêchons-nous, la présence de cette balle me stresse au plus haut point et il est temps que vos médecins fassent preuve de leur savoir-faire. J'en ai assez d'être suspendue à la mort par un bout de métal.

Arrivée au bas de l'escalier, ils débouchèrent dans un hall bien éclairé d'environ 30m². Un comptoir était installé au milieu avec une charmante hôtesse qui semblait les attendre et qui les conduisit vers une salle d'examens pourvue des instruments d'analyse les plus en pointe. C'est du moins ce qui sembla à Flower, qui n'était pas une spécialiste du matériel médical dernier cri. Un homme d'une quarantaine d'années, vêtu d'une blouse blanche entra quelques instants après et les salua.

Bonjour Monsieur. Bonjour Mademoiselle, nous allons nous occuper de vous comme il se doit mais nous devrons faire d'abord les vérifications d'usage ainsi que des radios afin d'être certains de l'endroit à opérer. Monsieur de Noircastel nous a mis au courant de votre mésaventure.

Il était affable et souriant et sa voix était chaude et agréable à entendre.

Merci beaucoup. C'est effectivement une idée saugrenue de monsieur de Noircastel que de vouloir me sauver.

Elle lui sourit sincèrement cette fois.

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-Saugrenue, saugrenue, dites tout de suite qu'elle ne vous arrange pas, ma chère! Je vous attendrais dans mon bureau des que vous serez en mesure de marcher jusqu'au second. Sinon...Vous savez comment me joindre, docteur?
- Bien sûr, monsieur. Ne vous en faites pas, si j'en juge d'apres son etat actuel, les lésions sont d'une gravité qui ne doit pas être négligée, mais vous n'avez pas à vous en faire, mademoiselle, vous devriez pouvoir rejoindre monsieur de Noircastel dans son bureau d'ici demain soir, si vous vous reposez assez. Bien, sauf votre respect, monsieur, je crains de ne devoir abréger ces formalités, mon équipe et moi avons du travail...
- Bien sûr, bien sûr. Juste une dernière chose, chère amie...Quel type de vêtements préférez-vous? Nous avons ici une garde-robe adaptée à mes employées, mais je puis faire venir mon tailleur dans les plus brefs délais...Oh, vous me direz ça plus tard, quand l'opération sera terminée, ce n'est pas urgent. Officiez-donc, docteur. Au plaisir de vous revoir en forme miss Davies!

Salviandre se retira après une révérence polie, tandis que le médecin (dont il avait encore oublié le nom) et son équipe amenaient Flower sur un brancard jusqu'à la salle d'opération, où ils pourraient sûrement la tirer d'affaire. Le maître des lieux n'était pas inquiet. Si tout son personnel était choisi parmi les plus beaux représentants de l'espèce humaine, ils n'en étaient pas moins soumis a des tests intellectuels, qui éliminaient ceux qui n'avaient pas la chance d'allier beauté et intelligence. Une grande partie des candidats, soit dit en passant. D'un pas assurré, il se précipita au second étage de sa villa, et poussa une porte d'acier avec empressement. A chaque fois qu'il venait ici, il ne pouvait s'empêcher de venir dans cette pièce. Scanner rétinien, empreintes digitales, code, analyse ADN, et deux questions dont lui seul connaîssait la réponse, voila bien la "maigre" sécurité de cette chambre forte. Forte et froide. Les murs n'étaient rien d'autre que du béton armé recouvert d'une couche de kevlar puis d'une couche d'acier, et l'éclairage ne se composait d'aucun autre type de lampes que des néons d'un blanc immaculé. La salle se referma après son passage, sécurité après sécurité, dans un enchaînement de bruits metalliques de chocs et de glissements sans aucun crissement strident. Le mécanisme était parfaitement entretenu. Au centre de cette salle, un ascenceur tubulaire. L'endroit ressemblait a Kamino, dans la saga Star Wars (que Salviandre adorait). La pièce en dessous de cet ascenceur avait la même composition en matière d'éclairage et de paroi murale, à une différence près. Ici, derrière ces plaques, se trouvaient des oeuvres d'art que le monde pensait détruite ou perdues. Ici, derrière ces aveuglantes et froides lamelles d'acier d'une epaisseur considérable, se trouvaient des statues, des tableaux, des croquis, des partitions, des paroles de chansons de gestes, et mille autre merveilles. Le sous-sol de la villa comportait cette salle en dessous de la salle d'opération. Ainsi donc, l'incube passa l'entière nuit qui le séparait du lever de soleil suivant à admirer, à lire, à entendre, a toucher toutes ces choses, ces merveilles, telles que l'oeil de Vishnu, un diamant aussi gros que le poing de Salviandre, enchassé dans un cercle d'or, comportant en son centre la seule impureté que l'on puis lui reprocher ; un fragment d'obsidienne, qui le faisait ressembler à un oeil de chat cerclé d'une sublime dorure, ou encore une rondache du douzième siècle, magnifique peinture chriséléphantine par dessus un bouclier de chène relativement grossier, vestige de la mort d'un seigneur Anglais en l'an de grâce 1167, et qui fut retrouvé dans son castel, avant de se voir déclaré "perdu" en 1875, malgré le grand nombre de récits en parlant. Mais que dire de l'original du premier exemplaire écrit de la "Chanson de Roland", chanson de geste la plus populaire du haut moyen-âge? Ou encore des inconnus de Leonardo Da Vinci et de Pierro Della Francesca? Jamais il ne se lassait de ce spectacle que lui seul pouvait voir, une salle dédiée à l'art, à la beauté, à la perfection. Une salle dans laquelle ne manquaient que les incubes et succubes du monde entier. Une salle qui lui appartenait. Ainsi donc, le lendemain, Salviandre ressortit de son "trou", et demanda à ce que l'on lui apporte de quoi manger. Copieusement. Il engloutit un cochon de lait entier a lui seul, convenablement arrosé d'un grand cru bordelais de mille neuf cent quatre vingt onze, et suivi d'un impérial dessert supracalorique, mais que l'incube engloutit quand même sans mal, malgré la crème et l'épaisse pate du gateau. L'hygiène étant une de ses principales préoccupations, il passa dans sa petite salle de bain ( petite...85m² carrés) pour un méticuleux brossage de dents et une rapide séance de coiffage. La journée entière de Salviandre fut dédiée à son travail. Coups de fils en rafale, paperasse au kilogramme, profilage de ses employés...Qui disait qu'être macquereau était un job facile? Et vas y que j'te commande ceci, que j'annule cela, que je note dans mon agenda tel ou tel rendez-vous, que je consulte des colonnes de chiffres...Bref, journée chargée que fut celle de Salviandre, qui la clotura, à dix sept heures vingt-quatre, par un bain délassant et une séance de massage.


A dix-huit heures tapantes, il était dans son bureau, propre, rasé, serein, toujours ces mêmes lunettes qui reflétaient le regard des autres, chemise gris anthracite décorée d'arabesques noires stylisées, doublée de velours rouge à l'intérieur, pantalon noir ample, la boite a cigare en bronze patiné sur le coin gauche du bureau, la paperasse bien rangée dans les chemises en carton, elles-même dans les tiroirs, l'ordinateur portable allummé a la droite de l'incube, laissant l'espace necessaire à une chonversation polie, les yeux dans les yeux...Et au quarante quatre que chaussait Salviandre, de magnifiques chaussures noires en cuir, sans talonettes, comme certains aiment à les porter, d'une grande marque Française. Il s'était abstenu de porter une cravate, très classe, mais bien trop sérieux, en plus du luxe qu'il s'autorisait, d'ouvrir les trois boutons du haut de sa chemise.Il ne restait plus que deux détails à régler. Le premier était le portefeuille de miss Davies, qui n'en avait plus a sa sortie de l'hopital, et ses vetements. Le second, c'était que la demoiselle en question n'était toujours pas la. On frappa une première fois. Salviandre se leva pour ouvrir, sans laisser le temps à ses portiers d'agir, et prit la demi-douzaine de cartons et les huit boites a chaussires des mains de l'homme à tout faire de la maison, avant d'accrocher, comme dans un vestiaire, les vetements sur des ceintres, puis sur une barre de metal (qui lui servait d'ordinaire a faire quelques tractions ou a se suspendre lorsqhe le mal de dos pointait le bout de son nez) et ouvrit les boites a chaussures avant de les orienter vers la porte. Il ne lui restait plus qu'a lancer quelques impressions, ce qu'il s'empressa de faire, avant de les envoyer, via les tubes pneumatiques, au rez-de-chaussée, ou la carte d'identitée fut plastifiée, le permis de conduire, de même, le passeport,entçèrement "véracifié", bref, toutes les cartes necessaires a un portefeuille bien garni, et quelques billets venant de sa poche, aussi. Il se doutait bien que Miss Davies ne resterait pas ici éternellement. Il lui fallait de quoi survivre dans un monde ou la plus dangereuse des créatures est l'argent, suivie de près par l'homme. Bref, il les reçut a nouveau, cinq minutes plus tard, et fourra tout ça dans un portefeuille de cuir "channel", puis dans un sac tressé (doublé kevhlar) sortant, comme tous les vetements et chaussures que l'on venait d'apporter, des manufactures italiennes que Salviandre contrôlait (globalement, puisque les propriétaires de ces usines étaient au service de l'incube...), avec une trousse de maquillage, un telephone...Bref, tout ce que le sac d'une demoiselle respectable se doit de contenir. L'heure tournait, et la trotteuse de la Rolex du "Duce" Salviandre venait de faire trois mille six cent arrets sur les traits dorés, tandis que la plus grande aiguille et la moyennent pointaient respectivement à sept heures et a o minutes. La pendule confirma, sonnant sept fois de ce son de cloche clair et résonnant qui faisait le charme de ce genre d'objets. L'incube se rassit, et patienta. Ce soir, il avait tout son temps.




==========================


Merci Monsieur de Noircastel, merci docteur. Pour faire simple, je souhaiterais récupérer ce que je porte en ce moment. Cela me convient parfaitement. Et maintenant, je vous suis.

Le médecin l'installa sur un brancard et elle fut emmenée au bloc opératoire sans tarder. Pourtant avant d'entrer dans le sanctuaire hyper aseptisé, les infirmiers et le médecin s’arrêtèrent dans une petite salle où se trouvait un paravent.

Mademoiselle Davies, avant toute chose, je vais vous demander de bien vouloir vous déshabiller et de passer cette magnifique tenue opératoire. Je suis navrée de n'avoir rien de plus glamour à vous présenter mais nous ne sommes pas là pour briller en société. Vous pouvez bien entendu passer derrière ce paravent pour plus d'intimité, Jessica restera pour vous aider au cas où dit il en désignant une jeune assistante médicale. Quant à nous, nous allons en profiter pour nous préparer également. Messieurs-dames, tous en salle de décontamination!

Flower ne dit rien et sourit à la jeune femme qui resta avec elle avant de passer derrière le paravent. Il y avait une chaise sur laquelle était posée une blouse d'hôpital bleu ciel. Elle fermait à l'arrière avec des boutons pression mais il n'était pas question de les fermer bien entendu. Elle pensait pouvoir enlever la combinaison toute seule comme elle l'avait enfilée mais la coupe particulière (foutus stylistes italiens!) du vêtement l'empêcha d'atteindre la fermeture qui se trouvait dans le dos et Jessica vola à son secours avant qu'elle ne la déchire d'énervement.

Calmez-vous mademoiselle. L'anesthésie sera plus facile et plus rapide si vous êtes détendue. Voilà... c'est fini, voici votre blouse.

La jeune femme ne voyait Flower que de dos mais elle fut subjuguée par la régularité de ses courbe et surtout par la magnifique cambrure de ses reins sans que la succube ne force quoi que ce soit. La douceur avec laquelle sa nuque rejoignait son dos lui donna une bouffée de chaleur et sans s'en rendre compte, elle resta plantée devant Flower lorsque celle-ci enleva sa petite culotte. Elle se sentie devenir rouge comme une pivoine lorsque celle-ci la regarda en souriant, sa culotte à la main en un geste d'un naturel saisissant.

Mademoiselle Jessica, pouvez-vous me rendre un grand service s'il vous plaît?

Euh... oui, bien sûr bafouilla la demoiselle.

Je vais vous donner ma taille et je souhaiterais que vous la transmettiez à monsieur de Noircastel pour qu'il me fasse porter des dessous neufs. J'adore la lingerie, pas vous? dit-elle en déposant sa culotte sur la combinaison noire.

Oui... beaucoup... voici de quoi noter vos mensura... je veux dire votre taille! Veuillez m'excuser!

Elle sorti de la poche de sa blouse un stylo et un petit bloc de post-it blancs qu'elle tendit à Flower.

Merci beaucoup mademoiselle Jessica et il n'y a pas de honte à parler de mes mensurations car c'est bien ce que je vais indiquer à votre employeur.

En faisant un clin d'oeil complice à l'infirmière, elle nota des chiffres qui auraient fait s'évanouir d'envie 90% de la population mondiale féminine. Quand elle eut finit, elle remit le bout de papier à l'infirmière et lui indiqua qu'elle était prête à passer au bloc. Elles passèrent les portes au moment où les membres de l'équipe prenaient place autour de la table d'opération. D'un signe de tête, le chirurgien lui indiqua qu'il était temps d'y passer. Elle s'allongea et rapidement, fut installé un carré stérile autour de l'endroit où elle serait ouverte. On lui posa une intra-veineuse, un masque à oxygène sur le visage et à la seconde bouffée, elle s’évanouit.

_______________________________________________________________

Une lumière éblouissante, un mal à la tête lancinant, une vague envie de vomir et surtout une soif terrible. Elle se réveillait encore dans une pièce froide et lumineuse. Elle attendit d'avoir complètement repris ses esprits pour tenter de se lever mais une douleur terrible l'en empêcha et elle grimaça en laissant retomber sa tête sur l'oreiller blanc. La porte s'ouvrit et une infirmière entra. Flower reconnu Jessica et tenta un sourire qui ne vint pas car elle avait trop mal. Jessica vérifia la perfusion, l’équilibra et examina rapidement sa patiente.

Ca va, la cicatrice est parfaite dit-elle en regardant son épaule. Si vous la soignez comme il faut, elle ne sera quasiment pas visible. Vous n'avez pas de fièvre... parfait. les antibiotiques qu'on vous a donnés fonctionnent. Au fait, j'ai fait parvenir votre demande à monsieur de Noircastel. Il a demandé à être prévenu dès votre réveil pour vous apporter lui-même vos... enfin... ce dont vous avez besoin.

Elle rougit et cela fit sourire Flower. Un petit sourire d'amusement. Elle était jolie quand elle rougissait.

Il compte venir me voir dans cet état? Quel manque d'éducation! s'offusqua faussement Flower. Elle réfléchit quelques instants pendant que Jessica notait ses dernières observations.

Vous lui direz que c'est moi qui irait le voir dès que possible et ... Jessica, vous êtes une personne très serviable alors je vais encore abuser de votre gentillesse...

Tout ce que vous voudrez mademoiselle Davies! s'empressa de supplier la jeune infirmière.

Vous voudrez bien m'apporter vous-même ma nouvelle lingerie?

C'est que... Je ne sais si monsieur sera d'accord... et vous savez...

J'ai compris Jessica, ne vous inquiétez pas. Dans combien de temps pourrais-je sortir d'ici?

Vu votre état et celui de la cicatrice, je dirais demain matin. C'est-à-dire dans un peu plus de 24 heures car nous sommes encore au milieu de la nuit. L'intervention n'a pas été très longue.

Pas plus tôt? Allez, dites oui!!

Bon... je vais essayer de vous faire sortir ce soir mais il faudra vous reposer beaucoup, promettez-le moi. Et pas de folie, hein?

Des folies? De quelles folies parlez-vous Jessica?

Oh! je suis trop indiscrète, je suis désolée...

Je veux savoir...

Et bien... Monsieur de Noircastel est un très bel homme avec un charme peu commun et vous... vous, vous êtes pareil alors je me disais... j'avais imaginé... je suis trop idiote, pardon.

Non, vous n'avez pas tort. Nous sommes identiques lui et moi mais d'une façon que vous n'imaginez pas. Et pour cette raison, son charme me laisse de marbre... enfin presque. C'est vrai qu'il est bel homme. Et c'est un gentleman... Bref, prévenez donc monsieur de Noircastel que je dînerai avec lui... et il pourra venir m'apporter mes dessous lui-même. Après tout... cela peut être amusant.

Oui mademoiselle, je lui ferait passer le message mais vous devez vous reposer maintenant. Je viendrais vous apporter votre petit-déjeuner vers 8h.

Merci beaucoup pour votre dévouement. Passez une bonne nuit.

Jessica lui sourit et quitta la pièce en fermant la porte. Flower s'endormit presque aussitôt d'un sommeil sans rêve.

_______________________________________________________________

HHHHHHHHHHHH !!!!

Vous allez bien? Qu’est ce qui se passe? Mademoiselle Davies!!

8h05. Flower venait de se redresser sur son lit comme un automate. Elle était trempée de sueur et respirait avec difficulté. Jessica s'affairait autour d'elle pour la rassurer et l'examiner en même temps.

[color=#eea8e1]Je ne comprends pas la dose d'analgésique qui vous a été administrée est pourtant correcte. Ou alors, vous êtes allergique à ce genre de médicaments? Votre coeur bat très fort.[color]

Non... ce n'est pas... ççça. C'est... c'est un rêve.

Vous voulez dire un cauchemar. A voir votre état ça devait même être terrifiant et très crédible. Vous voulez m'en parler?

Je ne sais... pas. Des morts... il y avait des morts ... par... partout. Les vampires... Ils vont arriver!

Des vampires? Je vais renforcer l'hydratation et la dose de glucose. Votre métabolisme a des besoins plus forts que la moyenne, c'est assez étonnant. Mais tout va bien. Il n'y a aucun vampire et tout le monde est en vie. Monsieur de Noircastel viendra vous voir ce soir. Et maintenant reposez-vous.

Jessica épongea le front de Flower, lui donna à boire un verre d'eau fraîche et la laissa se reposer.

_______________________________________________________________

Mmmm? Qui...

Flower ouvrit doucement les yeux. La lumière ne l'aveuglait plus, elle n'avait ni chaud ni froid, n'avait plus de nausées et se sentait même plutôt bien. Elle se rappela son précédent réveil et tenta de se rappeler ce qui s'était passé. Elle ne se souvenait pas de la raison de cet état de panique et tenta de se rappeler si elle venait de rêver ou non mais aucune image ne lui vint à l'esprit. Les médicaments devaient avoir eu pas mal d'effets sur son cerveau. Elle voulut bouger son bras pour vérifier l'état de la blessure et s'aperçut qu'elle pouvait bouger son épaule sans trop faire de grimaces. Elle inspecta alors la cicatrice à l'aveugle avec ses doigts et constata qu'elle se résorbait vite. Elle sourit. l'avantage d'être immortel... Mais pourrait-elle se lever? Elle se redressa et au moment où elle allait passer une jambe hors des draps, la porte s'ouvrit sur son hôte au charme peu commun.


============================


- Je vous remercierai de me prevenir si notre invitée se réveillait inopinément, et de me rapporter ses propos si elle en tient. Je me charge de ce dont elle a besoin. Vous pouvez y aller, Jessica, je vous remercie.

L'infirmière sortit après une révérence polie. Salviandre, dans son bureau, ressortit son CV, et observa une fois de plus ses diplomes. Une très belle jeune fille aussi brillante ne pouvait être a un autre qu'à lui. Rangeant la liasse de feuilles, soigneusement rangées dans un dossier bleu turquoise, dans le tiroir adapté, Salviandre se surprit à bailler et à s'étirer. Il n'était pourtant pas tard, et il ne se sentait pas fatigué, loin de la...juste las. Las de rester dans ce bureau sans rien faire. Les affaires n'attendent pas, dit-on, et Salviandre vérifia toute la nuit cette maxime. Telephone par-ci, téléphone par-là, formulaires, contrôles, PV en rafale...Ah ça, embaucher d'ex-coureurs automobiles comme chauffeurs n'était peut etre pas la meilleure idée qu'il aie jamais eu. Cependant, les affaires tournaient, son petit harem était en communication avec lui chaque soir, et la vision de ces corps nus, si parfaits, et pourtant si...Humains , donnait à Salviandre une ardeur nouvelle a son travail, dans sa fierté de l'empire idéaliste qu'il avait conquis et étendu jusqu'à faire de ses possessions le plus parfait sanctuaire de la beauté que la terre eut jamais porté...A part l'ile de Lesbos. Il ne s'y était rendu qu'une fois, et une telle recrudescence de ses frères et de ses soeurs l'avait écoeuré. Une beauté si mal tournée dans le but d'acquerrir l'éternelle jeunesse...Il partageait cette jeunesse tout en faisant de ses possessions le reve de tout incube. Jusqu'a son service medical, tout était simplement sublime. Le moindre dérapage attirait au fautif les foudres de l'incube. Et mieux valait ne pas réitérer l'imbécilité de souiller le sanctuaire de beauté que cherissait Salviandre.


- Monsieur...Elle s'est réveillée et a parlé de morts...De beaucoup de morts...et de vampires...Les délires sont courants dans ce genre d'état mais elle paraissait convaincue de ses paroles...Dois-je demander un suivi psychiatrique?

- Ne vous en faites pas. Merci de m'avoir prévenu, je prendrais, lorsque miss Davies sera en mesure de me recevoir, les mesures necessaires. Croyez-moi, cette jeune femme est tout sauf psychiatriquement atteinte! Dites-lui que je lui apporterais moi-même ses sous-vêtements.

- Très bien, monsieur. D'après les résultats actuels, elle pourra se lever demain soir.


Sur ce, et sans un mot supplémentaire, Salviandre congédia l'infirmière et commença à astiquer sa rapière...Qu'il venait de décrocher du mur (y a t il un autre pervers dans la salle?) derrière lui. Cette lame lui appartenait depuis pres de trois siècles, et l'incube en prenait grand soin, polissant le métal luisant en prenant soin de ne pas en abimer le fil. La lame, d'une excellente qualité, était toujours affutée a l'extrême, dans un fourreau de cuir noir ouvragé, cependant Salviandre comptait faire son petit effet. Une fois la lame parfaitement entretenue, l'incube se leva de son siège,et s'allongea sur une couchette murale qu'il déplia d'un geste. La nuit serait courte.





------
Les portes claquèrent sur son passage, tandis que ses gardes du corps l'escortaient jusqu'à ce que l'on pourrait qualifier de dojo. Une annexe de la villa au sol en tatami, haute de plafond, soutenue par six piliers latéraux et des contreforts. Deux hommes en tenue de combat immaculée le saluèrent et se mirent au garde-à-vous quand il entra. Bandeau noir dans les cheveux, lunettes noires, short noir, gants noirs. Un troisième homme arriva par le côté et vint se présenter à lui dans une révérence aussi polie que celle de Jessica précédemment. Il portait simplement un short bleu foncé et des gants assortis, ainsi qu'un casque de la meme teinte. Celui de Salviandre était posé sur une étagère, et le maitre de maison ne se priva pas du plaisir de l'enfiler. Zhu Yen était son précepteur d'une discipline dans laquelle il pouvait prétendre ne pas être mauvais, contrairement au judo et au karaté. La Boxe Thaï, ou Muay Thaï. La musculature qu'affichait l'instructeur faisait pourtant pale figure à côté de Salviandre, taillé en V, des épaules carrées à la peau ivoirine et diaphane, des bras ciselés, des jambes taillées pour envoyer des coups, des pectoraux pour le moins raisonnables, et des abdominaux rangés en cinq barres visibles sans être anti-esthétiques. Voila ce qu'offrait Salviandre à la vue de tous. Il n'était pas carré et ne possédait pas des bras énormes, mais des muscles dessinnés qui savaient faire leur travail et saillaient a merveille à l'incube. L'échauffement commença par un peu de course et des étirements, du gainage, et quelques coups dans le vide. Quand les deux hommes sentirent leurs muscles plus durs et bandés comme des cordes d'arc,le combat commença. La technique et la puissance de frappe de l'instructeur compensaient a grand peine la vitesse et les réflexes de Salviandre (comme quoi, on peut etre vieux sans être sans défense...), et les coups portés n'eurent pas le temps de faiblir que déja l'un des deux sentait passer un coup non paré. La chance du débutant, diront certain, la vivacité de l'incube diront d'autres. Le coup de pied claqué à la machoire de l'instructeur dérouta ce dernier suffisemment pour que Salviandre conserve un rythme offensif soutenu. Ainsi, leur combat dura, encore et encore, s'éternisa, et ce ne fut qu'une fois que les deux hommes furent fourbus que l'affrontement amical s'acheva.


- J'ai bien cru ne pas m'en sortir, Zhu!

-Et j'ai bien cru que ma machoire ne tiendrait pas, monsieur...Vous manquez de technique, mais vous frappez vite et fort!

- Merci, mais je puis dire de meme...En ce qui concerne la force des coups! Heureusement que ma garde tient la route... Il et tard, va donc te reposer. Je ne sais si je ferais appel a tes services demain, mais une chose est sure, c'est bien assez pour aujourd'hui! Au plaisir, Zhu!

-Bonne soirée, monsieur!
Le Thailandais sourit. Salviandre avait fait venir de Bangkok ce maitre d'arts martiaux pour apprendre ce sport si spectaculaire et dévastateur, et cela en valait selon lui la peine. Il n'était pas du genre à l'avarice, Salviandre, et payait grassement chacun de ses employés. Une aubaine pour cette homme vivant dans les bidonvilles, qui avait pu acheter deux appartements dans le centre de Bangkok et y loger sa famille grace a un salaire que tout autre maitre d'arts martiaux aurait trouvé excessif. Salviandre s'engouffra dans le couloir principal de sa villa et courut dans sa salle de bains privée. Dix huit heures quarante venaient de s'afficher a la pendule autour de laquelle était axé le batiment, et Salviandre comptait bien entrer dans la salle d'opération a dix neuf heures tapantes. Il se lava en quatrième vitesse, enfila un pantalon noir en soie, une paire de bottes de mousquetaires, une chemise blanche aux manches bouffantes qu'il laissa ouverte sur deux pectoraux dignes de ce nom, et passa un gilet de cuir noir par dessus, sans se priver du luxe d'orner ses cheveux d'un bandeau de la même matière et de la meme couleur que le pantalon, mit bagues à ses doigts, et un collier simple d'argent a son cou, en plus de ses deux bracelets de force sous sa chemise. Il s'était souvent vêtu ainsi lors des siècles précédents, notemment aux alentour des années 1710, où il avait eu le loisir de dueller autant que faire se peut. Le baudrier tenant sa rapière et l'arme en elle même vinrent compléter sa tenue, alors qu'il observait le travail de ses couturiers. Les italiens savaient y faire, il n'était pas possible de le nier! La dentelle des soutien-gorges créés par leurs soins était fine et solide, d'un motif complexe que l'oeil se plaisait a admirer, et il fut impossible de nier que les culottes ne furent de véritables oeuvres d'art, tout comme le corset pourpre et noir qui accompagnait tout le reste. L'ex-vicomte de Turennes fouilla dans les armoires dissimulées par des miroirs dans son bureau et extirpa de l'un d'eux une magnifique robe rouge et or datant des trente premières années du Bastion. Cette robe, il l'avait faite faire pour une de ses employées aux mensurations plus qu'impressionnantes. Une beauté pure. La pauvre jeune femme avait connu un bien triste sort, morte ecrasée par un bloc de roche alors qu'elle se baignait au pied d'une cascade. Salviandre avait vu le rocher se détacher d'en haut, où il péchait. Son cri s'était ce jour la perdu dans les méandres sonores de la chute d'eau. Amères furent les perles d'Iris qui coulèrent de ses yeux ce jour là, mais il avait toujours su qu'il trouverait quelqu'un qui serait digne de porter si bel atour, au décolleté quelque peu provoquant sans en être vulgaire. Généreux et Artistique sont les deux mots qui venaient a l'esprit de Salviandre en admirant l'habit. Quatre à quatre, il descendit les marches. Tout un chacun savait ici que le soir du vendredi était une soirée à thème privée pour les résidents et invités dans la villa, toujours sur le meme thème: le dix huitieme siecle. Ainsi, l'incube ne se formalisa pas de trouver dans les couloirs des laquais, ses chefs de services perruqués et poudrés, et Jessica vêtue d'une robe bien plus sobre que celle que Salviandre amenait à Flower, sans pour autant laisser a penser une certaine pauvreté : le tissus et la coupe étaient beaux et propres, et la jeune femme portait a merveille le vêtement. Pénétrant dans le bloc opératoire, Salviandre s'appuya contre la porte en voyant une cuisse parfaitement galbée émerger du drap qui recouvrait le sublime corps de son invitée.

- Mademoiselle, je me savais homme a femme, mais de la a me voir offrir la vue d'un si beau corps, même en partie couvert, a même mon arrivée n'est pas quelque chose que j'aie le loisir d'observer souvent! Cependant, cela est loin de m'etre déplaisant...Mais j'en oublie le principal. Voici de quoi protéger votre intimité des regards indiscrets, et de quoi vous vétir entièrement. Cette robe vous conviendra, je l'espère, elle est à votre taille, et a pour héritage le savoir-faire limousin en matière de couture. Elle sort des plus prestigieux ateliers brivistes...Du dix huitième. La soirée ne se prète pas a porter autre chose, je vous laisserais en convenir vous-même une fois hors de cette pièce!
Le sourire charmeur, à la fois gentil et taquin, que lançait Salviandre à Flower aurait fait craquer n'importe quelle humaine qui aurait eu une quelconque vue sur la perfection du corps de l'incube, mais face à une succube, le maitre de maison avait conscience de l'inutilité de la chose en matière de séduction...ce qui ne l'empéchait pas de se montrer sous son plus beau jour. Tandis qu'il déposé sur une tablette la robe et les sous-vêtements, il tendit une main amicale à Flower. Propre, ompeccablement manucurée, parfumée comme il était coutume de le faire au siècle que la soirée reconstituait, une main dont la position seule suggérait qu'elle appartenait à un homme attentionné, doux et galant. Une main de Salviandre, en somme, qui venait aider Flower à se lever dans une optique galante. Salviandre, malgré sa profession que certain jugent déshonorante, était un homme des plus polis, et pas vraiment du genre a rechercher de relations sexuelles en permanence. Seulement quand il savait qu'il pouvait offrir du plaisir (en soi, la plupart du temps, en ce qui concerne le plaisir sexuel) sentimental, ou qu'il est necessaire de retrouver une jeunesse embellissante. Mais avec une de ses soeurs, il ne se montrerait certainement pas lubrique ou pervers tant qu'elle même n'aura pas abordé cette idée. Pour l'instant, elle était son invitée, et, nue ou non, cela était loin de le gêner, mais la galanterie lui dictait d'aider la sublime succube blonde à se lever. Ses yeux améthystes soutinrent sans ciller (et sans dévier sur la peau nue) le regard de Flower.

- J'espère que cette soirée vous plaira, Miss!
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